Drone, l’allié de l’agriculture de précision.

 
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Les drones sont devenus indispensables en agriculture. Jérémy Guil, responsable de la gestion des sols et de la fertilisation à la chambre régionale d’agriculture, précise les contours actuels et à venir de leurs missions, lors d’une interview réalisée par le Télégramme.

 

Quel est l’usage le plus fréquent des drones en agriculture de précision ?

Jérémy Guil, responsable de la gestion des sols et de la fertilisation à la chambre régionale d’agriculture

Jérémy Guil, responsable de la gestion des sols et de la fertilisation à la chambre régionale d’agriculture

Nous les utilisons surtout pour observer les cultures sur des paramètres de nutrition azotée. Avec l’imagerie drone, on évalue l’état de carence des plantes en azote. Ce qui nous permet d’avoir un calcul assez précis de la dose d’engrais à apporter. On établit des cartographies des parcelles à destination des agriculteurs. En fonction de leurs équipements, des machines dont ils disposent, ils établissent une dose moyenne pour l’ensemble des parcelles et roulent plus ou moins lentement sur les secteurs concernés pour effectuer un réglage à la main. Ou, s’il est possible d’introduire une carte dans l’ordinateur de bord du tracteur, la dose est alors adaptée en fonction du positionnement GPS de l’engin. Cette prestation est proposée pour le colza, le blé et l’orge.

Qu’en est-il des épandages d’herbicides et les lâchers d’insectes pour combattre les ravageurs par drone ?

Il y a des essais en cours. Nous sommes capables de localiser les mauvaises herbes avec les drones, surtout dans les parcelles de maïs et en inter-cultures. Mais pour l’instant, nous ne sommes qu’en phase exploratoire pour les traitements. Ça n’est pas au point.

Si nous ne proposons pas de lâcher des larves de trichogrammes sur le maïs par drone pour combattre la pyrale, plusieurs coopératives bretonnes le font. L’intérêt est d’éviter le recours aux herbicides. La difficulté est de mettre les larves en production au bon moment pour qu’elles soient efficaces. C’est une méthode quelque peu aléatoire, bien que l’efficacité soit très bonne quand toutes les conditions sont réunies… 

L’intérêt des drones a-t-il été surestimé ? Quels seront leurs domaines d’application à l’avenir ?

Il ne faut pas trop en attendre. Un drone ne peut pas rattraper des mauvaises conditions climatiques ni un mauvais semis… À l’avenir, on pourra proposer une évaluation par drone des dégâts du gibier. Ainsi que l’évaluation des matières sèches dans le maïs, afin de déterminer le bon stade de récolte pour en faire du fourrage et établir les calendriers d’intervention des entreprises de travaux agricoles. Mais il est possible que l’imagerie satellite puisse être privilégiée pour l’évaluation de la qualité des sols car elle est moins onéreuse pour élaborer un zonage des parcelles en vue d’apports complémentaires de chaux et de potasse. Le drone n’est pas non plus le bon outil pour le traitement préventif des maladies. On s’oriente plutôt vers une modélisation du climat afin de réduire les traitements.

 
 
 

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